Hélène Bondurand : une sensibilité à fleur de peau

Sur son site Internet, Hélène Bondurand demande : « Quoi de plus classique pour un parcours  chaotique ? ». Son œuvre, et son parcours, sont à l’image de cette question : à la fois pleins de  dérision et de sensibilité envers et malgré tous les aléas de la vie. 

Hélène Bondurand, de fait, n’a pas suivi un itinéraire linéaire. C’est en tous cas ce que l’on peut  déduire du peu de sa vie qu’elle révèle au public. Née à Alger en 1961, elle rejoint d’abord Les  Beaux-Arts d’Abidjan (INSAAC), mais termine son cursus à Aix-en Provence en 1984. Elle  repart ensuite à Abidjan, puis en France, toujours à la rencontre des autres. La vie et l’humain  sont deux de ses sources principales d’inspiration. 

Hélène Bondurand - Tu revient quand mon primtempsAprès avoir participé à de nombreux salons et expositions collectives, elle est désormais  exposée seule, et les titres de ces expositions seuls mériteraient d’être soulignés tant ils sont  poétiques, comme par exemple : « L’homme dépend du songe » en 2018 à Abidjan, où l’artiste  revenait sur son enfance Abidjanaise. La présentation de son œuvre la plus récente était en  juillet 2022 à la Galerie Eureka d’Abidjan, qui propose ses œuvres de manière permanente.  

Parmi les éléments qui caractérisent les créations d’Hélène Bondurand, car elle est à la fois  peintre, dessinatrice, sculpteuse, graveuse et photographe, on trouve non seulement une grande  sensibilité mais également une franchise et une force puisée dans la simplicité et la douceur de  son approche. Qu’elle peigne des pintades de Numidie (un sujet revenant souvent dans ses  œuvres, car, comme les autres oiseaux que l’on croise au gré de ses toiles, ils représentent son  « école buissonnière » une échappée de l’ordre établi), prenne en photos ces gens du quotidien  qu’on croise sans y prêter attention, ou façonne des visages en glaise enveloppés dans des capes  en toile de jute, Hélène Bondurand dépouille l’émotion de ses artifices pour la présenter, nue,  à son public.  

Hélène Bondurand - Ref 833-11 le sort de la derniere boite de chocolat 56x72 cmPour parvenir à ses fins, elle aime mêler les textures et les matériaux, et il n’est pas rare que  l’on trouve des écrits ou des clins-d ’œil à des objets du quotidien dans ses production. Certaines  de ses toiles questionnent également des images récurrentes de notre monde, souvent utilisées  pour résumer des idées, comme par exemple la ballerine pour exprimer la grâce, ou un  personnage portant un entonnoir sur la tête, représentation que l’on considère comme étant celle  de la folie depuis au moins le dix-neuvième siècle. Ce personnage représenté par Hélène  Bondurant cependant, apparaît tout à fait heureux, et son visage est sublimé par un fond d’un  jaune chaud. Le fou, semble suggérer la peinture, n’est peut-être pas celui que l’on croit.  

Ses œuvres sont à la fois des parenthèses oniriques et des comptes-rendus de l’humanité dans  ce qu’elle a de plus vrai. 

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