Exposition Kouamé et Allé : de l’objet à l’identité

À l’origine des travaux de Koffi Aristide Kouamé et de Assi Herbert, connu sous le nom d’Allé,  se trouvent les objets du quotidien. Les deux artistes ivoiriens travaillent chacun la matière à  leur façon. Le premier recycle les tongs, objet interchangeable, anonyme et jetable par  excellente. Le second utilise des bouts de pagne : des morceaux de tissus témoins de l’identité  culturelle, personnelle, du milieu social et du statut de celles qui les portent. Partant de ces  matériaux a priori diamétralement opposés, les œuvres de Kouamé et d’Allé, réunies à la  Galerie Eureka en novembre 2022 lors d’une exposition unique, esquissent ensemble un portrait  de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui et de ses habitants.  

Koffi Aristide Kouamé est né à Abidjan, où il vit et travaille encore aujourd’hui. Il a obtenu un  Diplôme d’Etudes Supérieures Artistique et un Master II en peinture à l’Ecole Nationale des  Beaux-Arts d’Abidjan. Dans son travail, on peut sentir l’influence de son ancien professeur à  l’atelier de peinture des Beaux-Arts d’Abidjan : Pascal Konan connu pour son travail sur les  couleurs lorsqu’il dépeint des scènes de rue. C’est de lui que Kouamé tire son intérêt particulier  pour la question de l’environnement. L’élève, cela dit, dépasse les questionnements du maître  car il utilise les tongs comme un médium pour questionner à la fois les préoccupations sociales  autour de la question de la récupération et de l’environnement, mais également l’identité,  Ivoirienne et la sienne. Kouamé se décrit, de manière très juste, comme un collecteur de donnée,  cherchant avant tout à retracer un chemin qui a été effacé, souvent représenté dans ses œuvres  par des mots en nouchi, en baoulé et des messages tenant à la préservation de l’environnement  afin de témoigner auprès des générations futures, afin qu’elles ne perdent pas ce lien avec leur  passé. 

Allé est lui aussi un témoin résolument tourné vers ses semblables. Diplômé, comme Kouamé,  de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts d’Abidjan, il y a obtenu un Master II en Arts Plastiques.  Les titres de ses expositions, qui ont commencé dès 2012, témoignent de son ancrage dans le  paysage urbain et de son désir de rendre compte d’une société Ivoirienne en pleine mutation.

Il a par exemple exposé durant deux éditions de « Abidjan, on dit quoi ? » en 2012 et 2014, avant  de participer à l’exposition collective « A Babi, c’est propre » en 2016. On peut également  mentionner son exposition personnelle de 2017, intitulée : « Rues d’Abidjan ». À travers son  travail sur les pagnes et son choix de s’inspirer de marchés et de quartiers à forte densité  migratoire, il propose une exploration d’une identité culturelle forte et colorée, en constant  changement.  

Ainsi, les travaux d’Allé et de Koffi Artistide Kouamé se complètent et proposent au visiteur  de la galerie Eureka, où ils sont tous les deux exposés en ce mois de novembre 2022, de réfléchir  sur les questions de l’identité à la fois personnelle et collective, et sur la question du devenir :  qu’il soit écologique ou social. 

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